Florent AUFSCHNEIDER

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Florent Joseph Louis AUFSCHNEIDER est né le 17 mai 1892 à Puteaux (dans les Hauts-de-Seine).

Il est sapeur dans le 3ème Régiment du Génie, 3ème bataillon, 1ère compagnie.

Il est fait prisonnier le Brimont le 17 septembre 1914 et est interné au camp de Quedlinburg (il est présent le 13 février 1915), dans la 6ème compagnie, baraque 32 A qu'il partage notamment avec Marcel RIEGEL et Louis PALPIED.
"Palpied, Aufschneider et moi avons choisi un coin au fond de la baraque du côté opposé à la porte d’entrée où nous y serons très bien. À partir de ce moment, nous décidons tous les trois de coucher ensemble ainsi que de faire une communauté de tous nos paquets pour vivre comme trois frères partageant ensemble nos joies et nos misères quand les unes ou les autres arrivaient."
Extrait des souvenirs de guerre de Marcel RIEGEL.

Il semble qu'il ait été bon camarade avec Marcel RIEGEL, comme le prouve cette anecdote: "Cette question de pommes de terre non épluchées me valut d’ailleurs une punition de 6 h de poteau. Cette nourriture, nous ne l’acceptions que contraints par la faim sans pouvoir protester contre cet état de chose. Il nous vint donc l’idée à, Aufschneider et moi de trouver un moyen pour en avertir nos Parents ou l’autorité militaire française de façon qu’on y apporte remède. La chose n’était pas aisée car toute notre correspondance était censurée. Cependant, après des recherches laborieuses, nous décidions d’écrire au frère à Aufschneider, soldat au 3e Génie à Angers. Nous avons écrit mon camarade et moi une lettre ordinaire relatant notre santé et notre vie au camp sans faire aucune allusion à notre nourriture. Notre carte terminée, nous avons fait des points sous certaines lettres qui toutes réunies ensemble formaient la phrase suivante : « Nous mangeons comme des cochons, les pommes de terre avec les épluchures ». » Notre code fut découvert par la censure et pour cette raison, nous avions à purger une punition de 6 h de poteau en 3 jours, c’est-à-dire 2 h de poteau pendant 3 jours. Or donc pendant 3 jours, un sous-officier allemand venait nous chercher à 2 h de l’après-midi et nous conduisait dans une baraque vide froide et immense. Puis nous ficelant autour d’un montant d’une baraque comme un saucisson, il nous laissait attachés pendant 2 heures entières. Nous souffrions peu d’être ainsi amarrés à un poteau, cependant le froid de cette grande baraque vide et l’immobilité complète nous engourdissait les membres. Durant ces 2 heures et pour tuer le temps et l’ennui, nous conversions mon ami et moi sur la barbarie des Boches. Nos amis et camarades venaient également nous rendre visite et nous réconforter à supporter gaiement notre punition.".
Extrait des souvenirs de guerre de Marcel RIEGEL.

calendrier

Il compte les jours de sa captivité grâce à un petit calendrier dont il raye chaque jour qui passe en Allemagne.

Lors du départ de Marcel RIEGEL, il brave même un caporal allemand: "Durant trois quarts d’heure nous restons ainsi sur place vis-à-vis de mon ancienne baraque 32A. Mes amis (Palpied et Aufschneider) se sont levés pour venir me faire leurs derniers adieux. Pour pouvoir encore me dire deux mots, ils passent derrière la baraque 31A de façon à ne pas être dérangés. Mais Cyrano, de son grade de caporal, ainsi dénommé du fait de son nez proéminent, a découvert le manège et sabre au clair se met à la poursuite de mes amis, heureusement que nous avions crié un « 22 » leur permettant ainsi de se sauver avant l’arrivée de Cyrano qui en est pour ses frais. Un quart d’heure plus tard mes amis reviennent à la charge, mais Cyrano a l’œil et les a aperçus. De nouveau il leur fait la chasse mais sans succès. Nous assistons à cette comédie en spectateurs et nous nous amusons de ces petits tours."
Extrait des souvenirs de guerre de Marcel RIEGEL

On le retrouve le 25 août 1915 à Salzwedel où il travaille dans les mines de sel.
C'est dans ce camp qu'il apprend la mort de son frère Louis, mort le 11/10/1915 sur la cote de Tahure (le frère a qui il a écrit au sujet de la nourriture). Il semble qu'un nouveau prisonnier qui devait donc arriver de Tahure est arrivé dans le camp porteur d'objets personnels du frère de Florent qu'il a aussitot identifiés. Florent à caché la mort de son frère à leur famille durant toute sa captivité.





Florent Aufschneider Florent Aufschneider Florent Aufschneider























Une comtesse le prend alors sous son aile et sert de correspondante entre sa famille et lui. Elle lui fait aussi parvenir de la nourriture. Il semble que ces échanges se fassent via une forestière.
Qui est cette comtesse ? Problablement une allemande membre d'un réseau de bienfaisance international. Comment les échanges avaient-ils lieu (ils étaient normalement prohibés entre civils et prisonniers) ? Ils ne passaient apparement pas par les autorités allemandes car il n'y a pas de marque de censure (le fameux "Geprüft") sur ces lettres.
Ces échanges se faisaient-ils avec la complicité d'une sentinelle ?

Florent Aufschneider Florent Aufschneider Florent Aufschneider
























Le 22 mars 1916, il est dans le camp de Wittenberg.

Enfin, en avril 1917, il est transféré dans le camp de Zerbst.
C'est là que cette photo est prise en compagnie notamment d'Albert BROCQ.

Florent Aufschneider

Il est finalement rapatrié et deviendra même résistant lors de la Seconde Guerre Mondiale.

carte de combattant de Florent Aufschneider

Il meurt en septembre 1954 à Laon (dans l'Aisne).







Florent Aufschneider

Florent est le 2nd en partant de la gauche.

Florent Aufschneider

Portefeuille réalisé par Florent lors de sa captivité. Il est fait dans le cuir des bottes de soldats russes.

Sources

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Photos aimablement communiquées par Odile IZRARBLIN.

Voir la Gazette des Ardennes, liste n°57.

Voir au CICR, archive n°P16286, archive n°P27045, archive n°P35596, archive n°P37188, archive n°P58141.